Site icon Myriam Cossin Art-thérapeute

Regard, silence et présence : Ce que l’exposition « Extrême-Hôtel » du Pavillon Populaire de Montpellier, nous enseigne sur le soin.

Il y a des expositions qui ne se contentent pas d’offrir des images à voir, mais qui nous proposent un espace pour « être ». En tant qu’art-thérapeute, ma visite à l’exposition « Extrême-Hôtel » de Raymond Depardon  a résonné d’une manière toute particulière.

Derrière l’objectif du célèbre photographe, j’y ai vu bien plus que des chambres d’hôtels ou des paysages urbains : j’y ai vu une profonde leçon d’humanité et de présence.

La « Juste Distance » : Le cœur de la rencontre

Ce qui frappe chez Depardon, c’est sa capacité à trouver la distance exacte. Ses photos ne sont jamais intrusives, jamais jugeantes. En photographie comme en art-thérapie, la question du cadre est primordiale. En photographie, c’est ce qui est inclu ou exclu de l’image. En thérapie, c’est l’espace sécurisant que je crée en séance pour permettre l’expression. 

Depardon nous montre que pour bien observer l’autre (ou soi-même), il faut savoir se tenir là, immobile, avec une neutralité bienveillante. C’est précisément ce « regard qui accueille » que nous cultivons en séance : un regard qui ne force pas la confidence, mais qui laisse la place à ce qui doit émerger.

Habiter l’éphémère

L’exposition explore les lieux de passage. Pour beaucoup, ces espaces peuvent évoquer la solitude ou l’errance. Mais sous l’œil de Depardon, ils deviennent des refuges.

En art-thérapie, nous travaillons souvent sur cette notion de « contenant ». Comment habiter son propre corps ou son propre esprit quand on se sent de passage dans sa propre vie ? Les clichés de l’exposition nous invitent à une forme de méditation sur l’instant présent. Chaque détail (une lumière sur un drap, une vue par la fenêtre) devient une ancre, un point d’appui pour exister, ici et maintenant.

L’invitation au voyage intérieur

Visiter cette exposition au cœur de la Ville de Montpellier est une expérience sensorielle qui fait écho au processus créatif. On déambule, on s’arrête, on ressent une émotion face à une couleur ou un silence capturé.

« La photographie est un moyen de ne pas trop parler, de ne pas trop expliquer. »Cette phrase pourrait presque définir certains moments en atelier, où l’image créée par le patient dit ce que les mots ne peuvent pas encore formuler.

Que vous soyez engagé dans un parcours thérapeutique ou simplement curieux, cette exposition est une magnifique occasion de ralentir le rythme dans un monde qui va trop vite, d’observer vos propres résonances (Quelles émotions cette solitude vous procure-t-elle?), et se reconnecter à la poésie du quotidien. 

Quelle image résonnera le plus en vous lors de votre visite? Si vous avez envie de partager votre réaction, votre émotion, laissez un mot, une ou deux phrases en commentaire. A tout bientôt.

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